Il m’est souvent demandé, lorsque je dis que je suis médiateure : « dans quel domaine ? »
Ma réponse est habituellement que la méthode que j’emploie est « tous terrains » puisqu’elle travaille d’abord sur la relation entre les personnes, et que les mécanismes qui dégradent une relation sont toujours les mêmes.
Je vous propose un tour d’horizon de quelques possibilités, dans des secteurs très variés.
Dès le début des manifestations lycéennes, associées à des blocages d’établissement secondaires, des médiateurs se sont mobilisés auprès des jeunes, à Chatellerault. Voici le premier post de Smaïl Ben Djilali, directeur de Solution Médiation 86 : lien
Leur présence s’est poursuivie dans la durée, comme vous pouvez le lire ici.
Qu’ont-ils apporté ? Comme le dit l’auteur des posts, au premier chef de l’écoute et de la reconnaissance. C’est-à-dire une réponse à des besoins fondamentaux de tout être humain.
Le monde de la santé est en proie à de grandes difficultés. Les soignants peuvent se sentir impuissants face à la détresse des patients, mais également peu écoutés dans un système hiérarchique très pyramidal, et peu reconnus par exemple dans les suggestions qu’ils font au quotidien.
Sébastien Bordes, médiateur professionnel, utilise les outils de l’Ingénierie Systémique Relationnelle® (ISR) pour accompagner des soignants dans des ateliers d’analyse de pratique professionnelle. Il en témoigne ici.
L’ISR est une discipline qui étudie des relations interpersonnelles : ce qui les définit, ce qui les constitue, ce qui les dégrade, ce qui évite les dégradations ou les reconstruit.
Si, lors des ateliers d’analyse de pratique professionnelle, le groupe travaille sur les expériences vécues et la façon de les vivre demain, le médiateur leur apporte de l’écoute et de la reconnaissance, celle de la légitimité de leur point de vue et de leur bonne intention pour eux-mêmes en particulier.
Dans la sphère privée, beaucoup de situations peuvent être travaillées en médiation : conflits autour d’une succession, divorce, conflits familiaux. C’est un sujet que j’évoque peu pour assurer la garantie de confidentialité, mais je pratique régulièrement des médiations dans ce contexte.
Enfin, toutes les entreprises sont tenues de mettre en place des dispositifs de prévention des RPS. La médiation arrive tardivement, lorsque le conflit est déclaré et le risque avéré. Mais l’ISR propose un outil de prévention, la Qualité Relationnelle, qui a déjà été déployé dans quelques entreprises.
Plusieurs médiateurs professionnels en témoignent dans ce webinaire Preventica. Ainsi, un partenariat avec un médiateur professionnel, et/ou la mise en place de formations contribuent à renforcer la prévention des RPS, voire même à éviter leur apparition.
Pourquoi les mêmes outils peuvent-ils répondre à une aussi grande diversité de situation ?
Tout d’abord, cela a été évoqué plus haut, parce que l’écoute que propose un médiateur professionnel est une réponse à un besoin fondamental de l’être humain : le besoin de reconnaissance.
Il ne s’agit pas ici de reconnaissance pécuniaire. Il s’agit avant tout
- d’un accueil des idées et points de vues de l’autre, même s’il sont surprenants
- de la reconnaissance de la légitimité des actions des personnes au regard de leur point de vue, même si ces actions ont eu des conséquences désagréables
- de la reconnaissance d’une intention de bien faire, en premier lieu pour la personne qui agit.
En effet, chacun réfléchit, se forge des points de vues, décide des actions en fonction de son propre référentiel sur ce qui est bien, agréable, sans se rendre compte que ce n’est peut-être pas le cas pour l’autre.
Ensuite, parce que les mécanismes de dégradation relationnelle sont universels :
- Le fait de juger ou interpréter les comportements, actions ou propos de l’autre en fonction de son propre référentiel
- Le fait de prêter des intentions à l’autre, de penser à sa place face à des attitudes qu’on a du mal à comprendre
- Le fait de chercher à imposer à l’autre sa façon de faire ou de penser, de le contraindre.
Au cours d’une médiation, ou d’un atelier de pratique professionnelle, le médiateur aide les participants à prendre conscience de ces mécanismes pour mieux les désamorcer et porter un regard différent sur la situation.
En formation, la prise de conscience permet d’outiller les personnes pour savoir comment faire face à l’expression de jugements, de prêts d’intention, de contrainte. Ce qui permet à chacun de déployer des gestes d’apaisement au moindre risque.
Si vous souhaitez mettre en place ou renforcer votre plan de prévention des risques psychosociaux dans votre entreprise, contactez-moi

